RT2012 ou passif ?

Vers une réduction de la facture énergétique mondiale

Le traité international de Kyoto vise à réduire les émissions globales de gaz à effet de serre, pour qu’à l’horizon 2050 leur niveau soit 80 % moins important qu’en 1990. Ce protocole se traduit au niveau européen par différentes directives, dont l’une concerne plus spécifiquement les performances énergétiques des bâtiments.

Un engagement européen fut pris pour diminuer par 4 d’ici 2050 les émissions globales de gaz à effet de serre (GES) afin que celles-ci n’entraînent pas de changements climatiques irréversibles (« facteur 4 »). Un autre engagement est la règle des « 3×20 » d’ici 2020 (-20% d’émission de GES, +20% efficacité énergétique, et plus de 20% de la production d’énergie à base d’énergies renouvelables).

La politique énergétique de la France (dont le fameux Grenelle de l’environnement) a couplé ces engagements avec un renforcement de la réglementation thermique, la mise en place de labels de performance énergétique, l’obligation d’un diagnostic immobilier portant sur la performance énergétique et les niveaux d’émission de GES du logement en cas de vente / location, la mobilisation de la société autour des économies d’énergie et la mise en place de subventions et incitations fiscales.

La RT 2012

Pour les bâtiments à usage d’habitation, la consommation conventionnelle d’énergie primaire doit être inférieure ou égale à une valeur comprise entre 40 et 65 kWh/m²/an en fonction de la zone climatique et de l’altitude, soit 55kWh/m².an en Bretagne. La RT 2012 rend obligatoire aujourd’hui d’effectuer une étude thermique avant même de pouvoir déposer le permis de construire (avant les travaux, donc), et de réaliser une mesure de la perméabilité à l’air des bâtiments, avec comme valeur obtenue pour le Q4 Pa_surf qui doit être inférieure à 0,6 m3/h.m2 de parois déperditives en q4 (soit sous une pression différentielle de 4 Pascals).

Pour comparaison, le niveau moyen de consommation des logements neufs en 2008 avoisinait plutôt les 110 kWh/m²/an et celui des 31,5 millions de logements existants tournait autour des 240 kWh/m²/an. Même si quelques maigres progrès ont été faits dans les techniques de construction en France, il existe un énorme levier d’amélioration des performances énergétiques dans le neuf et la rénovation aujourd’hui.

Le niveau BBC correspond aujourd’hui à la règlementation thermique RT 2012 en vigueur depuis le 1er janvier 2012 pour le tertiaire et les logements en zone ANRU, et depuis le 1er janvier 2013 pour les logements résidentiels.

La RT 2012 s’applique à tous les nouveaux projets, comprenant surélévations et extensions de bâtiments existants. Cela dit, si la surélévation ou l’extension a une surface inférieure à 150m² et à 30% de la surface des locaux existants, elle est dérogatoirement soumise à la RT de l’existant (en calcul élément par élément).

Le Passif

Un bâtiment passif consomme très peu d’énergie, au point que seule l’énergie du soleil, des équipements électroménagers et des occupants suffit à chauffer la maison. De la même manière en période chaude, le principe de conception rend une maison passive confortable et protégée contre la surchauffe. Les grandes lignes permettant de caractériser une maison passive sont:

  • Les besoins de chauffage ne doivent pas excéder 15 kWhef/(m².an) ou 10W/m² en puissance de chauffe;
  • La consommation totale d’énergie primaire, en comptabilisant la consommation des équipements électroménagers, doit être inférieure à 120 kWhep/(m².an)
  • Une très bonne étanchéité à l’air: résultat d’infiltrométrie inférieur à 0,6 h-1, selon la norme n50.

La maison passive est née de quelques grands principes de bon sens, conceptualisés par le Dr Feist du Passiv Haus Institure de Darmstadt. En plus d’une  isolation thermique et à une étanchéité à l’air excellentes, tous les ponts thermiques sont consciencieusement traité pour éviter toute perte de calories. En plus de cela, une ventilation double flux est indispensable car l’échangeur air/air permet de réduire de 90% les pertes d’énergie liées au renouvellement d’air. Cette ventilation double flux permet à la fois de renouveler l’air, de réguler la température et de ne pas assécher la maison.

Pour une labellisation de votre projet, deux principaux labels existent pour les bâtiments passifs: l’allemand Passivhaus et le suisse Minergie-P. Ils ont chacun différents niveaux de certification et des exigences particulières. En France, il faut passer par des organismes en délégation tel que Prestaterre pour Minergie et La Maison Passive France pour Passivhaus. Les calculs sont complexes, les tests sont rigoureux, et il est obligatoire de passer par une étude thermique du projet (en utilisant la base de données PHPP). Aujourd’hui en France, ces labels ne sont pas réglementés ni obligatoires, et ne donnent droit à aucun avantage fiscal ou urbanistique.

Une labellisation obligatoire ?

La labellisation d’un logement n’est pas intrinsèquement obligatoire, mais elle peut être nécessaire pour obtenir certaines aides financières offertes par l’état – cela étant, ces aides diminuent avec les années, bien que les économies d’énergie deviennent un point de plus en plus stratégique. De plus, construire sa maison avec un label garant de basse consommation d’énergie permet de valoriser le bien lors de sa revente ultérieure.

Pour résumer: d’un côté, une labellisation a un coût, d’un autre côté, la labellisation ouvre droit à aides ou subventions complémentaires…

 

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